Conseil conjugal et familial et/ou thérapie du couple et de la famille

 

 

La thérapie du couple et de la famille en approche systémique

La thérapie systémique est à entendre au sens d’une prise en charge psychologique globale du couple et/ou de la famille, ceci à partir de la demande de soin formulée par un membre du « système ».

On aborde cette demande de thérapie dans un contexte élargi en s’intéressant au réseau tissé par la famille ou le couple, aux comportements mis en place entre les  membres du couple ou de la famille, à la nature du lien conjugal et/ou familial, en formulant des hypothèses à travailler avec les patients, tout cela à partir de références théoriques précises, à un rythme de séances précis aussi.

Pour les thérapeutes systémiciens, le symptôme présenté par exemple au sein d’une famille n’a de sens que s’il est replacé dans un  contexte globalisant et circulaire car il témoigne de « dysfonctionnements » relationnels dont n’ont pas forcément conscience les personnes.

Le couple (ou la famille) et le thérapeute, tentent de trouver une solution de manière co-construite, c’est-à-dire que le thérapeute reçoit le couple ou la famille comme une équipe avec laquelle travailler, forte de ses compétences, ses ressources, de son analyse de la situation.

Le but d’une thérapie est d’amener le couple ou la famille à une vision globale des choses afin d’opérer un changement tant que faire se peut. C’est au thérapeute d’utiliser les « forces » du groupe avec lequel il travaille, quitte à les lui révéler s’il n’en a pas conscience : le thérapeute n’est pas un expert qui aurait tous les outils pour réparer une crise conjugale ou familiale, car sans le « matériel » amené par le couple ou la famille, il ne sait rien du tout, et n’est expert en rien du tout !

C’est un auteur systémicien qu s’appelle Mony Elkaïm qui parle de « l’augmentation du champ des possibles », « possibles » à chercher ensemble.

Qu’est-ce qu’un système ?

Il est un ensemble dont les éléments sont coordonnés par une loi, un fonctionnement propre, et est organisé en fonction d’un but à atteindre et dont les personnes sont en interaction tel qu’une modification de l’un d’eux, entraîne une modification de tous les autres (comme un mobile suspendu au plafond d’une chambre d’enfant).

Donc, un système peut être un groupe comme votre couple, votre famille, votre association, votre entreprise, votre service, votre club de rugby, etc…et dont les participants sont en interaction comme dans tout groupe humain ; ce groupe tend vers un objectif à atteindre et cherche constamment son équilibre afin de maintenir son fonctionnement et satisfaire les personnes qui le composent.

La théorie des systèmes regroupe les notions d’interaction, d’interdépendance, de globalité, d’organisation et de complexité.
Les modèles des années 60 en systémique tournent autour d’une logique de communication (interaction, information, circularité…) avec une théorie des systèmes qui s’axe autour des notions de totalité, d’interdépendance, d’homéostasie, etc…
Ces modèles qui évoluent toujours s’axent autour des questions de systèmes observant (la place des thérapeutes), de la complexité, d’une auto-organisation, etc…

En bref, un thérapeute systémicien s’intéresse au contexte, regarde ce qui se passe en interaction entre les personnes qui s’expliquent devant lui.
Peut-être pourrait-on résumer que la théorie systémique est le fruit de la théorie général des systèmes et de la théorie de la communication.

Un peu d’histoire

C’est après la seconde guerre mondiale que l’approche systémique des relations humaines a émergé avec le courant de  pensée de l’école de Palo Alto, petite ville de Californie.

Ce courant est né de la rencontre de personnalités éminentes appartenant à différentes disciplines : anthropologie, zoologie, éthologie, mathématiques, biologie, philosophie, psychiatrie.
Et dont voici quelques noms : Hanz Van Foerster, Virginia Satir, John Weakland, Jay Haley, Don Jackson, Paul Watzalawick, sur l’initiative de Gregory Bateson.

Chacun a apporté sa contribution à l’élaboration d’une nouvelle théorie de la communication et des relations humaines, a coopéré à une même construction d’élaboration d’une perspective théorique scientifique. Perspective désignée en termes d’approche systémique et interactionniste.

Les travaux de ce groupe se sont orientés selon trois grandes directions de recherche :

  1. une théorie de la communication,
  2. une méthodologie du changement
  3. une pratique thérapeutique.

Ce courant de pensée s’est beaucoup développé dans le temps et dans le monde, pour arriver entre autres, à Grenoble, au Ceras il y a quelques années, « Centre d’Etudes et de Recherche à l’Approche Systémique, centre auquel je me suis formée pendant quatre années.

Conclusion

Il y a beaucoup à dire sur la démarche systémique, je suis obligée d’en faire un bref résumé avec ma manière dont je la perçois.

Ce n’est pas l’école de Palo Alto qui a inventé cette démarche, mais elle a eu le mérite d’avoir cherché à l’appliquer au domaine des relations humaines et au problème des troubles psychiques.